DARLA (FRA) - Walls Or Path (2008)
Label : Auto-Production
Sortie du Scud : 2008
Pays : France
Genre : Heavy Metal
Type : EP
Playtime : 6 Titres - 32 Mins
Dans les années 90, lorsque j’écoutais UNSANE, NEUROSIS ou encore THE REFUSED, leur style n’avait pas encore de nom. On parlait volontiers d’Emo-Core, en référence aux FUGAZI et autres GLASSJAW, mais le terme de Post-Hardcore était encore loin d’être inventé.
Et j’étais bien sur à cent lieues de me douter qu’un jour, ce genre musical développerai une telle scène, tant son approche était difficile.
Aujourd’hui, le Post-Hardcore est devenu monnaie courante, et a même engendré des extensions comme le Screamo ou le Mathcore. Des mômes de 12 ans se délectent de UNDEROATH, et les origines du mouvement semblent délicieusement obsolètes et réservées aux papys uncool qui n’évoluent pas avec leur temps.
Peu importe, j’aime ça, et je pense que j’aimerai toujours ça dans 10 ans.
L’autre bonne chose, c’est que les scènes mondiales semblent se fusionner pour aboutir à un bloc incompressible, où l’on ne distingue plus les nationalités, tant l’homogénéité en termes de qualité est uniforme.
Ainsi, DARLA, originaire de Montpellier aurait très bien pu voir le jour à Brooklyn, Auckland, Liverpool ou bien Munich, sa musique n’aurait pas été différente je suppose. Et c’est tant mieux, car le critère de provenance n’a plus aucun intérêt, et la condescendance dont les critiques faisaient preuve à l’égard des groupes nationaux n’a plus raison d’être.
La musique, rien que la musique.
Celle de DARLA respecte les codes inhérents à un style compact, mais une humanité certaine se dégage de leurs compos. Le chant, aux sonorités très proches d’un Dennis Lyxzén (REFUSED) manie les écorchures de l’âme avec sincérité, et le tempo bien souvent écrasant, ajoute à cette impression de malaise et de claustrophobie.
Les arpèges sont douloureux et sensibles à la fois, et lorsque les riffs de plombs se décident à bousculer les certitudes, l’ambiance devient suffocante à l’extrême.
Les six titres de cet EP sont à prendre comme une litanie ininterrompue, même si l’instrumental final, « Castle In The Sky » peut se juger indépendamment, et offrir de fait une conclusion logique.
A la grande loterie du respect des aînés, DARLA se rapprochera considérablement d’un PLEBEIAN GRANDSTAND, pour ses capacités à occuper tout l’espace sonore, sans pour autant étouffer les capacités d’analyse de l’auditeur.
Une simple écoute de l’impérial « Hollowmen In Drunk Cities » suffira à vous en convaincre, avec ses lignes de guitare multiples, et ses accalmies lancinantes introduisant un faux sentiment de confiance.
Un très bon EP au final, même si l’on exigera du groupe un élargissement des perspectives lors d’un passage à l’album longue durée, pour éviter toute lassitude.
Mais un très bon début est toujours encourageant.
A très vite messieurs.
Ajouté : Samedi 14 Février 2009 Chroniqueur : Mortne2001 Score : Lien en relation: Darla Website Hits: 13259
|